Selon un rapport de l’ANSES, Saint-Pierre -et-Miquelon figurerait parmi les régions les plus concernées par des cas d’intoxications d’insecticides et d’herbicides. Produits contenant des substances actives interdites dans l’Union Européenne.
Entre janvier 2017 et décembre 2022, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a analysé 599 expositions et intoxications liées à 150 produits phytopharmaceutiques, qui contenaient au total 64 substances actives interdites. Les trois quarts de ces expositions ont été accidentelles mais dans le quart restant, elles « relevaient de conduites suicidaires », précise l’agence.
Selon l’ANSES, les Outre-mer sont les régions les plus concernées, à savoir la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Réunion et Saint-Pierre et Miquelon.
Les principaux produits en cause sont des insecticides (60%), des herbicides (19%) et des taupicides (5%), plus particulièrement le Paraquat et l’Aldicarbe.
Qu’en est-il à Saint-Pierre et Miquelon ?
En réalité, Saint-Pierre et Miquelon ne figure qu’une fois dans l’étude sans qu’aucun chiffre ne soit associé à l’archipel.
Selon la douane, le Paraquat et l’Aldicarbe sont interdits respectivement depuis 2007 et 2009.
« La douane de Saint-Pierre et Miquelon n’a pas effectué de saisie de ces produits ces dernières années. » Erik Goasdoué – Chef de service des douanes de Saint-Pierre et Miquelon
La douane possède de nombreuses compétences telles que le contrôle des marchandises, elle applique dans ce cadre le règlement CE n°1107/2009.
De plus, concernant les produits phytopharmaceutiques, la douane vérifie principalement si les produits respectent les normes. En cas de doute quant aux marchandises présentées, elle peut effectuer des prélèvements pour vérifier la nature et la concentration du produit suspect.
Enfin, selon Cassandre Bourgeois, conseillère agricole à la CACIMA, « aucun professionnel agricole ne peut importer des produits phytopharmaceutiques sur le territoire, cependant, ils peuvent entrer de manière illégale ».
« Il est possible que certains produits soient importés illégalement comme par exemple dans les bagages de particuliers, mais il n’y a aucune certitude là-dessus. » Cassandre Bourgeois – Conseillère agricole à la CACIMA de Saint-Pierre et Miquelon
Concernant les autres Outre-mer, la majorité de ces produits sont importés illégalement. Soit gardés en stock en France après leur interdiction, soit importés illégalement de pays qui les autorisent toujours. C’est par exemple le cas en Guyane, où les habitants peuvent encore s’approvisionner en Paraquat au Suriname, où il est vendu « sans restriction légale ».
Depuis le 1er janvier 2017, les collectivités territoriales, les établissements publics et l’Etat ne peuvent plus utiliser ou faire utiliser des pesticides pour l’entretien des espaces verts, des forêts ou des promenades accessibles ou ouverts au public et relevant de leur domaine public ou privé. Les particuliers aussi sont concernés par cette loi comme la vente en libre-service est également interdite. De plus, la commercialisation et la détention de produits phytosanitaires à usage non professionnel seront interdites depuis le 1er janvier 2019.
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